« Anticiper les risques » : face au recul du trait de côte, le Pays de Douarnenez devra revoir son urbanisme
Démarches, objectifs et méthodes… Face au recul du trait de côte qui risque d’impacter fortement le territoire douarneniste et alentour, Douarnenez communauté a présenté, jeudi, les études en cours qui serviront à définir la future stratégie d’aménagement du territoire.
Ludovic Le Signor
Publié le 12/09/2026 à 08h30
La plage des Sables Blancs à Douarnenez. | YVES-MARIE QUEMENER / ARCHIVES OUEST-FRANCE
Face à l’érosion de la côte, nous devons anticiper les risques pour prévenir et agir. Et ne pas rester spectateur. Il y aura forcément des choix difficiles d’autant qu’on n’aura pas les moyens de tout financer. Henri Savina, premier vice-président de Douarnenez communauté, délégué au Grand cycle de l’eau, a ainsi introduit la réunion publique, jeudi, au siège de Douarnenez communauté. À ses côtés, Jean-Loup Thivet, conseiller communautaire en charge de la Gestion des milieux aquatiques et de la prévention des inondations (Gemapi), compétence détenue par la communauté de communes depuis 2018.
Le problème de l'érosion côtière et ses incidences sur l'urbanisme ont été exposés au public, jeudi, lors d'une réunion publique à Douarnenez Communauté. | OUEST-FRANCE
Une étude pour analyser l’évolution du trait de côte a été lancée. L’enjeu étant de fixer un futur cadre d’aménagement et d’urbanisme tout en préservant le littoral face à l’érosion et aux inondations. Pour travailler sur ses schémas et perspectives, la collectivité est assistée par le groupement de maîtrise d’œuvre Egis, chargé de l’étude, et de la structure INterland, qui s’occupe, elle, de la concertation et de l’information au public.
Les cartes définitives cet hiver
Tout d’abord, le public a pu consulter la carte locale du risque d’érosion côtière à Douarnenez, Kerlaz et Poullan-sur-Mer, les trois communes impactées par le recul du trait de côte. Un travail réalisé à partir de témoignages d’habitants qui a mis en lumière les zones sensibles : GR34, Sables-Blancs, Pors-Melen, Port-Rhu, le Rosmeur, le Ris ou Trezmalaouen par exemple.
L’élaboration des cartes locales d’exposition au recul de trait de côte se fait via une méthodologie et des projections d’évolution du trait de côte. Les cartes définitives seront validées l’hiver prochain. Une nouvelle réunion publique sera d’ailleurs organisée à cette occasion.
Ces cartes seront ensuite intégrées dans le Plan local d’urbanisme intercommunal valant programme local de l’habitat (PLUih) qui sera défini l’été prochain et appliqué en 2028. Elles feront alors référence en matière d’aménagement et d’urbanisme sur le territoire et serviront de support aux décisions des élus.
La cartographie des risques côtiers, élaborée à partir de témoignages d'habitants, a été présentée au public, jeudi. | OUEST-FRANCE
Un cadre très restrictif
Deux zonages distincts d’exposition au recul du trait de côte sont définis, explique Hervé Bizien, d’Egis, qui présentait les cartes en cours d’élaboration au public. Une première zone exposée au recul du trait de côte à l’horizon de 30 ans et une autre comprise entre 30 et 100 ans.
Avec des contraintes bien claires : dans la bande de recul à 30 ans, plus possible d’augmenter la capacité d’habitation des constructions existantes, seuls des travaux de réfection ou de restauration seront autorisés. Les constructions nouvelles seront validées seulement si elles sont nécessaires à des services publics ou à des activités économiques exigeants la proximité de l’eau, ou alors si elles sont démontables.
Dans la bande de 30 à 100 ans, les règles sont encore plus strictes : consignation par le propriétaire d’une somme correspondant au coût prévisionnel de démolition et de remise en état. Puis, lorsque le recul de trait de côte sera tel que la sécurité des personnes ne pourra plus être assurée au-delà d’une durée de trois ans, il y aura obligation de démolir toute construction nouvelle et les extensions existantes autorisées à compter de l’application du PLUih, souligne Hervé Bizien.
« Je ne peux pas laisser le public prendre des risques »
Qui s’occupe du GR34 ? La commune ? Le Département ? Qu’est-il prévu pour le sauvegarder ? questionne alors une personne dans le public, faisant allusion à la fermeture du sentier côtier à Pors-Melen à Tréboul.
Je ne peux pas laisser le public prendre des risques, répond Jocelyne Poitevin, maire de Douarnenez et présidente de Douarnenez communauté, présente dans la salle. On va travailler avec l’État, qui va nous donner la marche à suivre. Une réouverture du chemin n’est, pour l’élue, pas à l’ordre du jour. Les risques ne se situent pas uniquement à Pors-Melen mais jusqu’au vallon Saint-Pierre. Un sentier côtier ne se situe pas forcément au-dessus de la mer.
Une réponse qui fait réagir Jean Hascoët, président de Baie de Douarnenez environnement, qui défend activement l’accessibilité du GR34 à Douarnenez. C’est une question de volonté politique.
Réponse de Jocelyne Poitevin : On appliquera les prescriptions de l’État.
Jean Hascoët aborde alors l’inaccessibilité du GR34, cette fois au niveau de la future résidence Petra-Alba, entre les Sables-Blancs et les Roches-Blanches. Un dossier qui oppose l’association de protection environnementale à la mairie : Vous avez déposé un recours contre l’État. Donc vous verrez.
Ouest-France
Ils dénoncent l’impact environnemental du projet immobilier aux Plomarc’h.
Douarnenez. Près de 200 riverains se sont donné rendez-vous, dimanche, sur le site de l’ancien hôpital, pour s’opposer au projet immobilier de 184 logements.
Jeanne Damamme
Rassemblés sur le site de l’ancien hôpital de Douarnenez, ils veulent « informer sur ce qui va véritablement se passer » . Dimanche, près de 200 habitants ont participé au rendez-vous de l’association Glazenn Vraz pour dénoncer le projet immobilier de 184 logements, au cœur des Plomarc’h. Équipés de banderoles, de la maquette du projet et haut-parleur, ils ont déambulé à travers le site en réaction aux visites de mai dernier , organisées par les porteurs du projet immobilier : les promoteurs Secib et Seemo et la société Sem Breizh, qui forment l’équipe Racines.
« Ils ont surtout voulu nous vendre leur projet sans jamais évoquer les enjeux environnementaux » , rétorque Patrick Aillet, coprésident de l’association Glazenn Vraz, crée en 2025 par des riverains opposés au projet.
Pour rappel : c’est sur ce site abandonné, au cœur de ce que ces riverains surnomment « le poumon vert de Douarnenez » , qu’un permis de construire a été déposé en décembre 2024 pour y bâtir onze bâtiments sur quelque 2,7 hectares . Le dossier est actuellement en stand-by depuis le recours déposé par l’association contre la modification du Plan local d’urbanisme (PLU) de la Ville dans le cadre du projet.
Pour ces manifestants, l’environnement est le grand oublié du programme immobilier. « Ils prévoient d’abattre vint-cinq arbres remarquables près d’un site classé. Mais quand vous déracinez un arbre, ce sont dix autres qui meurent derrière ! » poursuit le président. Bien que le projet inclue la plantation de 600 nouveaux arbres et arbustes, Patrick Aillet n’exprime pas satisfaction. « D’ici à ce que leurs arbrisseaux apportent de l’ombre il y aura déjà eu des canicules et des morts ! »
Sophie, adhérente de l’association, y voit également un scandale pour la biodiversité : « Plomarc’h est un grand site pour les salamandres. Avec les centaines de voitures qui circuleront ici tous les jours, il est certain qu’elles disparaîtront. »
« On est conscient du manque de logements »
La circulation justement, c’est là l’autre grand argument avancé par les opposants. Ils dénoncent l’impact des engins de chantier sur les habitations voisines et craignent un flux de voitures important à terme, dans des rues étroites et proches de l’école Marie-Curie.
Mais à l’heure où le manque de logement est un sujet brûlant pour Douarnenez, quelle réponse apporter ? Ces opposants ne se disent pas tout à fait contre un projet immobilier, « mais pas n’importe comment, pointe cette autre habitante. On est conscients du manque, mais pourquoi ne pas réhabiliter ce qui existe déjà plutôt que tout bétonner pour reconstruire ? »
L’avancée du projet repose désormais dans les mains de la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement), qui doit rendre les conclusions de l’étude environnementale de ce dernier en octobre prochain. Une réunion publique devrait se tenir à l’issue, promettait, en mai dernier, les porteurs du projet immobilier.